La musique (sacrée)

 
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Musique sacrée / musique liturgique

Merci à Parvis 21 d'avoir ouvert une rubrique "Musique Sacrée". Je prends immédiatement la balle au bond pour faire une petite précision.

La musique liturgique est destinée à accompagner le culte ou les offices religieux. Elle n'a pas spécialement vocation à l'art, mais doit simplement supporter la prière.

Rappelons que la liturgie (du grec leïtourgia = service public) est définie comme la forme publique d'un culte religieux, l'ordre de ses rites et de ses cérémonies, fixés par la tradition ou l'autorité des églises (Science de la Musique - Bordas)

Par contre, la musique sacrée fait référence à la spiritualité, à l'art et à l'esthétique : "bien au-delà de la doctrine, elle se veut symbole mystique du divin et de la sublimité" (J.C. Michel).

Je crois que nous pouvons reconnaître sans fauter, le caractère mièvre de nombre de pièces musicales cultuelles, dont la simplicité désuète permet - est-ce leur unique avantage ? - la participation de toute l'assemblée, souvent fort réduite cependant. Les responsables paroissiaux pourraient peut-être envisager de faire supporter la liturgie par de la musique sacrée, bien interprétée : cela remplirait assurément les églises à l'heure de la grand messe.

Petite note complémentaire : Luther avait très bien compris l'importance de la musique dans les offices. Erasme aussi, qui tance vivement la musique religieuse de son époque. Il écrit, dans ses Paraphrases de Saint Paul : "on... entend d'écoeurantes chansons d'amour, bonnes pour les danses de courtisanes et de saltimbanques" et, parlant de la compréhension des textes : "cette espèce de musique (...) s'est introduite dans le culte divin au point qu'il ne nous est même pas loisible de percevoir un son avec limpidité". Il critiquait la polyphonie et l'installation du profane dans les églises. Pensons ici à Josquin des Prés et à quelques-uns de ses titres : la Messe "Bayse-moy" la Messe "Adieu mes Amours"... Il n'est pas étonnant que le Concile de Trente (celui de la Contre-Réforme) ait prononcé des interdictions, mais elles n'ont pas empêché les musiciens frondeurs de n'en faire qu'à leur tête au niveau musical; les intitulés des messes étaient seulement quelque peu édulcorés comme, p.ex., la Messe "sine nomine". Là où le Concile, ses pontes et ses pompes échouèrent... la Camerata Fiorentina réussit. Avec elle, la musique collective de la Renaissance s'efface et fait place à l'individualité, l'intériorité de la musique Baroque dont l'aspiration majeure est la représentation des sentiments et des états d'âme.


CFL de Bruxelles

En avant la musique !

M. CL de Lyon écrit : "Serait il possible d'ouvrir une section "musique liturgique"..."

Liturgique, je ne sais pas mais "musique sacrée" m'intéresse et je participerais volontiers pour échanger à ce sujet et même analyser de façon non professionnelle certaines grandes oeuvres (ou autres, pourquoi pas ?)

Mais je pense que cela sortirait du cadre de ce forum.

CFL de Bruxelles

Parvis 21 : Comme vous l'avez constaté, j'ai ouvert une rubrique "Musique sacrée" où se trouvent le message de CL de Lyon et le vôtre.

Musique liturgique

Serait il possible d'ouvrir une section "musique liturgique" afin d'avoir quelque avis sur ce qu'elle est, ce qu'elle comprend, sa place dans le rite religieux, son importance, etc.

Les nouveaux chanteurs souvent charismatiques tels que Glorious ont ils leur place lors des célébrations eucharistiques, qu'apportent-ils réellement au peuple chrétien sinon que leur expression personnelle de leur foi...

Merci !


M. C.L., Lyon - Catholique

Sacrée musique

Dans son message intitulé "Taxinomie", LM fait un "Hors sujet : sur la musique..." et écrit : " Il semble que votre auteur ait oublié d'envisager les musiques par échantillonnage (qui sont des citations coupées collées et mixées) et les minimalistes (comme Steve Reich) qui jouent sur la répétition et l'image ?"

Votre remarque aurait aussi pu s'appliquer au Boléro de Ravel : insistance par répétition du même thème en crescendo.

Quoi que ? La musique minimaliste répétitive, caractérisée par une volonté d'absence de lyrisme, de subjectivité, entre dans une recherche de nouveaux systèmes de composition. C'est une musique très construite, utilisant des techniques originales (déphasage, pendulage), non porteuse de message.

La composition d'une oeuvre musicale, même si elle est faite de "copier/coller" reste unique. L'imitation est illusoire. La fonction de la musique - dit Rosset que je rejoins - est "de ne pas imiter, de ne parler de rien", chaque musicien, interprète, auditeur apportant son propre réel. Cela peut exister, à mon sens, à la lecture (et relecture) de certains poèmes. La musique - quelle qu'elle soit - ne se réfère pas à une réalité extérieure immuable ; "elle est moins une suggestion "du réel" qu'une suggestion de réel." "Elle ne "redit" jamais autre chose que ce qu'elle dit au moment même où elle le dit..."

Schopenhauer voyait les choses autrement. Cependant, voici ce qu'il écrit : "Mon explication (...) suppose et établit un lien étroit entre la musique considérée comme art représentatif et, d'autre part, une chose qui de sa nature ne peut jamais faire l'objet d'une représentation; bref, mon explication nous oblige à considérer la musique comme la copie d'un modèle qui lui même ne peut jamais être représenté directement."

Il n'y a pas de vérité ici non plus. Rien à démontrer. Mais peut-être bien que "mon auteur" (comme vous dites) a "oublié" quelque chose à quoi vous avez pensé...

Cordialement,

CFL de Bruxelles

D'accord, pas d'accord ?

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